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Christianisme, judaisme, islam, instruments de violence ?

publié le 5 mai 2010
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Christianisme, judaisme, islam, instruments de violence ?Nos livres d’Histoire associent de nombreux épisodes de violences à ces trois grandes religions. L’intégralité d’entre-eux sont explicables par un contexte politico-historique conflictuel. Cependant, on peu observer deux caractéristiques particulières qui rendent le christianisme, le judaïsme et l’islam vulnérables à l’instrumentalisation à des fins de violence.

Le monothéisme, la vérité unique et absolue

Vous avez surement appris à l’école que les romains s’étaient inspirés des dieux grecs pour enrichir leur propre religion. Certains de ces dieux grecs sont sans nul doutes hérités de leurs échanges avec d’autres cultures, notamment au moyen orient. Les divinités grecques et romaines sont multiples. On pourrais presque dire qu’il y a un dieu (petit ou grand) pour chaque chose. Par conséquent, les dieux grecs ne demandent pas l’exclusivité. Ils n’exigent même pas que l’on croient en eux.
De fait, quant une culture polytheiste rentre en contact avec une autre culture, qu’elle soit dominante ou dominée, elle n’a pas de difficultés à tolérer ces dieux supplémentaires dont on leur parle. C’est aussi ce qui c’est passé aux débuts du christianisme en Amérique du Sud. Beaucoup de peuplades indiennes avaient naturellement accepté le dieu catholique comme un dieu supplémentaire… avant qu’on ne leur impose de croire en un dieu unique.

En effet, le monothéisme fait révérence à une unique divinité. De cette indivisibilité du divin découle qu’il n’existe qu’une seule vérité, qu’une seule explication du monde, qu’une seule source de la morale. Le monothéisme impose une notion unique du bien et du mal.

Par conséquent, si vous croyez en un dieu unique et à ses enseignements sur le monde et la morale; ceux qui ne croient pas comme vous seront nécessairement dans l’erreur. Mieux, en étant non-croyants, et en agissant selon une morale nécessairement factice, ces mécréants œuvrent par nature pour le mal.Vous comprenez alors que si un conflit d’intérêt survient, la religion pourra servir de justification commode à une résolution par la violence. La religion deviens alors un instrument bien pratique pour se considérer du coté de la vérité, du coté du bien et du juste.

Autrement dit, lorsque j’invoque l’origine divine de ma morale, et que je prétends être le peuple élu pour réaliser le royaume de Dieu sur terre; je confère à mon opinion et à mon intérêt particulier un caractère sacré et universel. Ma position et mon opinion deviennent par magie indiscutables et non-négociables. Toute opposition est alors illégitime. Il n’y a qu’un pas entre affirmer l’infériorité morale du mécréant et voir en lui l’incarnation du mal. Et quel mal il y aurait-t-il à combattre le mal ?

De par leur nature les monothéismes peuvent facilement être instrumentalisés pour exciter la violence. La prochaine fois qu’on vous désignera dans une personne le bien et dans une autre le mal, croyant ou non, rappelez-vous qu’il n’y a pas plus de mal en l’autre qu’en vous; et pas plus de sacré dans votre croyance que dans celle de l’autre, et probablement pas plus de morale dans la position que vous défendez que dans celle que vous combattez.

Les livres sacrés figent la morale

Le christianisme, le judaïsme, et l’islam ont pour particularités de reposer sur un livre sacré. Ces textes relatent la révélation de la vérité de Dieu aux hommes. A travers l’histoire (les histoires) d’un peuple et de son Dieu (ou ses représentants), ces textes dispensent un enseignement moral. Le rôle du livre dans les religion n’est pas égal aujourd’hui dans les trois religions. Il a d’ailleurs varié dans le temps.

Pour le judaïsme et le christianisme, les Écritures sont saintes. Ces deux religions affirment que les livres de la Bible ont été écrits par des hommes, mais sous l’inspiration de Dieu. Il est donc possible de d’interpréter les mots des rédacteurs pour percer la vérité. Cela étant dit, la liberté d’interprétation varie avec l’époque et le progressisme du théologien lui même. Dans le christianisme et le judaïsme moderne, vous trouverez encore beaucoup de théologiens traditionaliste faisant une lecture littérale des textes.
Pour l’islam, le Coran est au-delà de la sainteté, il est sacré. La spécificité de l’islam est de considérer le Coran comme la transcription directe de la parole de Dieu. En tant que tel, il ne peut être interprété puisque supposé parfait, complet et éternel.
Ces 3 « Religions du Livre » s’appuient donc sur une référence tangible et stable. Si le dogme parviens à évoluer, c’est par une prise de distance avec la littéralité du texte lui même. Les livres sacrés « favorisent » une invariabilité et une permanence du dogme et de la morale religieuse. Ainsi, ce qui est écrit dans les textes saints ou sacrés n’est pas ou peu discutable. Il se crée un décalage entre la morale religieuse, invariable, et le monde quelle prétend pacifier que l’Histoire ou la technique modifie.
Dès lors, que faire des conflits qui sont directement évoqués dans les textes ? Comment renoncer à ce qui a été promis ou réclamé par Dieu sans aucun doute d’interprétation ?
Là encore, par l’interdiction du compromis et l’éternité des conflits, nous trouvons dans la nature même des 3 Religions du Livre une prédisposition à la violence.

Croyant ou non, il me semble que l’on peut comprendre que les dogmes de nos trois grandes religions monothéistes ont été rédigées pour régir les sociétés d’un monde qui n’existe plus. Cette morale est construite pour le monde tel qu’il était il y a 6000 ans pour la Bible hébraïque (ou 2700 ans selon les archéologues), 2000 ans pour la Bible chrétienne, et 1600 ans pour le Coran. Il n’est pas besoin d’être un grand philosophe ou un sociologue érudit pour comprendre que le monde et la morale ont changé depuis ces temps immémoriaux. Nul doute que si Dieu nous parlait aujourd’hui, ses enseignements moraux nous parleraient du monde d’aujourd’hui, et n’essaieraient pas de retenir le monde des millénaires passés.

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