Christianisme, judaisme, islam, instruments de violence ?
Nos livres d’Histoire associent de nombreux épisodes de violences à ces trois grandes religions. L’intégralité d’entre-eux sont explicables par un contexte politico-historique conflictuel. Cependant, on peu observer deux caractéristiques particulières qui rendent le christianisme, le judaïsme et l’islam vulnérables à l’instrumentalisation à des fins de violence.Le monothéisme, la vérité unique et absolue
Vous avez surement appris à l’école que les romains s’étaient inspirés des dieux grecs pour enrichir leur propre religion. Certains de ces dieux grecs sont sans nul doutes hérités de leurs échanges avec d’autres cultures, notamment au moyen orient. Les divinités grecques et romaines sont multiples. On pourrais presque dire qu’il y a un dieu (petit ou grand) pour chaque chose. Par conséquent, les dieux grecs ne demandent pas l’exclusivité. Ils n’exigent même pas que l’on croient en eux.
De fait, quant une culture polytheiste rentre en contact avec une autre culture, qu’elle soit dominante ou dominée, elle n’a pas de difficultés à tolérer ces dieux supplémentaires dont on leur parle. C’est aussi ce qui c’est passé aux débuts du christianisme en Amérique du Sud. Beaucoup de peuplades indiennes avaient naturellement accepté le dieu catholique comme un dieu supplémentaire… avant qu’on ne leur impose de croire en un dieu unique.
En effet, le monothéisme fait révérence à une unique divinité. De cette indivisibilité du divin découle qu’il n’existe qu’une seule vérité, qu’une seule explication du monde, qu’une seule source de la morale. Le monothéisme impose une notion unique du bien et du mal.
Par conséquent, si vous croyez en un dieu unique et à ses enseignements sur le monde et la morale; ceux qui ne croient pas comme vous seront nécessairement dans l’erreur. Mieux, en étant non-croyants, et en agissant selon une morale nécessairement factice, ces mécréants œuvrent par nature pour le mal.Vous comprenez alors que si un conflit d’intérêt survient, la religion pourra servir de justification commode à une résolution par la violence. La religion deviens alors un instrument bien pratique pour se considérer du coté de la vérité, du coté du bien et du juste.
De par leur nature les monothéismes peuvent facilement être instrumentalisés pour exciter la violence. La prochaine fois qu’on vous désignera dans une personne le bien et dans une autre le mal, croyant ou non, rappelez-vous qu’il n’y a pas plus de mal en l’autre qu’en vous; et pas plus de sacré dans votre croyance que dans celle de l’autre, et probablement pas plus de morale dans la position que vous défendez que dans celle que vous combattez.
Les livres sacrés figent la morale
Le christianisme, le judaïsme, et l’islam ont pour particularités de reposer sur un livre sacré. Ces textes relatent la révélation de la vérité de Dieu aux hommes. A travers l’histoire (les histoires) d’un peuple et de son Dieu (ou ses représentants), ces textes dispensent un enseignement moral. Le rôle du livre dans les religion n’est pas égal aujourd’hui dans les trois religions. Il a d’ailleurs varié dans le temps.
Pour le judaïsme et le christianisme, les Écritures sont saintes. Ces deux religions affirment que les livres de la Bible ont été écrits par des hommes, mais sous l’inspiration de Dieu. Il est donc possible de d’interpréter les mots des rédacteurs pour percer la vérité. Cela étant dit, la liberté d’interprétation varie avec l’époque et le progressisme du théologien lui même. Dans le christianisme et le judaïsme moderne, vous trouverez encore beaucoup de théologiens traditionaliste faisant une lecture littérale des textes.
Pour l’islam, le Coran est au-delà de la sainteté, il est sacré. La spécificité de l’islam est de considérer le Coran comme la transcription directe de la parole de Dieu. En tant que tel, il ne peut être interprété puisque supposé parfait, complet et éternel.
Ces 3 « Religions du Livre » s’appuient donc sur une référence tangible et stable. Si le dogme parviens à évoluer, c’est par une prise de distance avec la littéralité du texte lui même. Les livres sacrés « favorisent » une invariabilité et une permanence du dogme et de la morale religieuse. Ainsi, ce qui est écrit dans les textes saints ou sacrés n’est pas ou peu discutable. Il se crée un décalage entre la morale religieuse, invariable, et le monde quelle prétend pacifier que l’Histoire ou la technique modifie.
Dès lors, que faire des conflits qui sont directement évoqués dans les textes ? Comment renoncer à ce qui a été promis ou réclamé par Dieu sans aucun doute d’interprétation ?
Là encore, par l’interdiction du compromis et l’éternité des conflits, nous trouvons dans la nature même des 3 Religions du Livre une prédisposition à la violence.
Croyant ou non, il me semble que l’on peut comprendre que les dogmes de nos trois grandes religions monothéistes ont été rédigées pour régir les sociétés d’un monde qui n’existe plus. Cette morale est construite pour le monde tel qu’il était il y a 6000 ans pour la Bible hébraïque (ou 2700 ans selon les archéologues), 2000 ans pour la Bible chrétienne, et 1600 ans pour le Coran. Il n’est pas besoin d’être un grand philosophe ou un sociologue érudit pour comprendre que le monde et la morale ont changé depuis ces temps immémoriaux. Nul doute que si Dieu nous parlait aujourd’hui, ses enseignements moraux nous parleraient du monde d’aujourd’hui, et n’essaieraient pas de retenir le monde des millénaires passés.



(7 votes, moyenne: 3,29 sur 4)
Flux RSS Acturama
la religion, le sex,l’argent domminent le monde .
l’homme se saisie de cela pour commander, diriger à ses fins ses compatriotes. Avec cela il se donne bonne morale.
Je suis complètement d’accord avec toi. Ces dogmes directeurs (ou même dictateurs) n’ont plus leur place dans notre société moderne. Il reste encore quelques coins dans le monde ou la civilisation n’est pas au même rythme, mais le mouvement est inéluctable.
L’extermination à échelle industrielle de plusieurs millions d’individus le siècle dernier n’étaient pas l’appannage de fanatiques religieux assoifés de sang mais de courants de pensée parfaitement « éclairés » et areligieux.
Pour éviter le point godwin : je pense à staline, mao et compagnie.
Sinon, oui, il y a bien un mouvement inéluctable à travers le monde mais amha pas dans le sens de la « déreligiosité »…
@LaurentB : Ce n’est pas tout à fait le sens de mon propos. Je ne suis absolument pas hostile aux religiosités qui prônent la tolérance et la fraternité.
@Méchant islamiste : Ce n’est pas parce que sur terre on n’a pas tué qu’au prétexte de la religion, mais aussi d’autres idées; qu’on ne peut s’intéresser à quelques dogmes qui servent à justifier les fanatismes.
Note également que mon propos est de mettre en relation des caractéristiques communes aux 3 grands monothéismes, et non l’islam uniquement.
Enfin, en ce qui concerne le grands mouvements du monde… je pense que l’Europe athée est une exception, que les religions asiatiques vont connaître une crise née de la contradiction avec un matérialisme désormais dominant, et que les USA sont à un point charnière.
« Ceux qui préfèrent la vie d’ici bas à l’au-delà, obstruent [aux gens], le chemin de Dieu et cherchent à le rendre tortueux, ceux-là sont loin dans l’égarement. » Sourate Ibrahim, v.3
Aujourd’hui , la situation de l’humanité est à regretter, car bien qu’elle réalise le progrès dans les différents domaines des sciences du monde comportant des découvertes éclatantes, viennent , de la part des capitales qui prétendent être civilisées, de mauvais écrits et en même temps des thèses qui mènent à l’écroulement de ces sociétés à cause de leurs déchéances morales envers tout ce qui est sacré.
A nous, les musulmans, incombe une grande responsabilité pour empêcher les campagnes visant à déformer l’Islam, à détracter le prophète et le Coran. Chacun doit assumer sa part , fût – ce grande ou petite, de cette responsabilité. Leaders, savants, intellectuels, journalistes, ainsi que les communautés musulmanes et autres , tous doivent en assumer leur part en fonction de sa situation.
Widad, ton commentaire peut être compris à plusieurs niveaux.
Vouloir lutter contre la violence dans l’Islam est noble… mais contradictoire avec toute idée de supériorité, de déchéance des autres. Quand au respect du prophète ou du Coran, il n’engage que les musulmans. Comme le respect de Jésus n’engage que les chrétiens. La différence d’opinion est un droit. La loi en fixe les limites, pas le Coran ni la Bible.
L’extermination à échelle industrielle de plusieurs millions d’individus le siècle dernier n’étaient pas l’appannage de fanatiques religieux assoifés de sang mais de courants de pensée parfaitement « éclairés » et areligieux. Pour éviter le point godwin : je pense à staline, mao et compagnie. Sinon, oui, il y a bien un mouvement inéluctable à travers le monde mais amha pas dans le sens de la « déreligiosité »…
Bien sûr que si.Le monde, au fur et à mesure qu’il évolue, a de moins en moins de principes et plus nos valeurs se perdent, plus le monde décline. Il suffit de constater qu’avant le monde était dominé par la religion, il était terriblement rare de voir une femme tromper son mari, ou de voir un couple marié se séparer; et pourtant aujourd’hui c’est une monnaie tellement courante que ceux qui n’ont pas encore divorcés finissent par se sentir anormaux.enfin, je veux dire que de nos jours les personnes ont tendance à banquer leur religion d’une manière tellement naturelle; et pourtant veulent en faire la cause de leur soif de sang.
Salut.
Vous savez, Messieurs, que le problème de tout homme est son intelligence et son savoir, qui lui donnent la pleine conviction de ne tout expliquer que par la science. L’existence, les origines de tout… Alors que le problème de Dieu est la connaissance que Lui seul peut donner à l’homme afin de lui rendre capable de s’approcher vers Dieu et avoir une autre approche de Dieu que celle de l’homme de science. C’est quoi la religion au fait ? Qui Dieu justement ? C’est qui une créature humaine exactement ? C’est qui un prochain ? Réponses souvent difficile.
Devant toutes ces questions qu’on peut se poser et que chacun répondrait selon sa compréhension de par son intelligence et son savoir, je parie que Dieu ne répondrait pas pareil et je parie encore qu’Il ne s’alignerait pas derrière le point de vue de quelqu’un, juste parce que Dieu n’est pas Celui que nous croyons qu’Il est et ne porte pas ce que nous lui croyons porter et n’est pas ce que nous Lui croyons qu’Il est .
Et s’il en est ainsi, pourquoi le religieux, à cause de sa religion, ternirait l’image exacte que Dieu a imprimée sur son histoire afin de comprendre le monde, ses origines et celle de l’homme. Faut savoir aussi que parmi les réactions intérieures que l’homme a fait montre juste après sa création, il y a l’agressivité. Et comme tout est appelé a grandir, croitre et produire du fruit, elle (agressivité) a grandi à travers les siècles et se trouve aujourd’hui là où nous sommes. Il en est de même de la jalousie, de la haine, de l’animosité, de la violence, etc.., ce sont de branches attaché à l’agressivité qui elle se manifeste souvent par la colère. Souvenons-nous des conquêtes des siècles passés et autres formes de barbarismes auxquelles se sont livré l’homme ou les hommes imbus de pouvoir, autorité et autre complexe de supériorité, d’orgueil et autres. Raison pour la quelle nous ne pouvons prendre Dieu pour cause de nos défaites.
C’est l’une des réalités de la société actuelle. De toutes ces réalités, aucune ne provient du Créateur. Alors j’ouvre ici, avec votre permission, une parenthèse à propos du Créateur. Commençons d’abord par observer un tableau peint par un artiste, une maison construite par un architecte, un véhicule construite par une usine automobile et que sais-je encore, la liste étant longue car elle comprend tout ce que la nature comprend.
De tout ce qu’on vient de citer là, peut-on convaincre quelqu’un que rien n’a été fait et que choque chose existe de soi-même ; le tableau, la maison, le vehicule et ainsi de suite, non ! on qualifierait d’ailleurs une telle personne de sot, d’ignorant, de bête même et on lui donnerait toutes les qualificatifs même non convenables à un animal, par le fait de ne pas accepter et croire qu’un tableau a été peint par un artiste. C’est ce que nous faisons justement chaque fois que nous nous mettons à juger ce que Dieu seul est à même de nous éclairer. Comment peut-on défendre qu’un tableau existe par un artiste, et que la terre avec tout qu’elle renferme, ne le soit pas par un artiste aussi.
Comment peut-on accepter et défendre ce que qu’un homme a fait, et rejeter ce que qu’un autre artiste a fait pour expliquer à sa place ce qu’il aurait mieux fait lui-même ? Voilà où se trouve le problème de l’homme et de son intelligence. Comprendre tout ce qui vient des inventions du dix-huitième siècle à ce jour, les critiquer, les améliorer est de plus facile. Mais, alors mais, comprendre ce que l’on ne voit pas, voila où les Romains s’empoignèrent, et le monde entier est pris dans le piège de Dieu (la connaissance-de Dieu-), si pas dans son propre piège (l’intelligence), incapable, jusqu’à ce jour, de convaincre, de mettre à table et amener le monde entier à l’unanimité ne fut-que que sur la création de la nature, la faune et la flore, de toutes les races.
C’est là où l’on condamne Dieu pour ce qu’il n’a pas dit ou demandé, juste parce que l’on a pensé que si l’on fait ceci ou cela, comme ceci ou comme cela, Dieu l’accepterait et serait derrière. Et on finit par faire accepter, avec agressivité, ses propres convictions aux autres ; et c’est là l’histoire des guerres de religions, des conquérants, dans lesquelles Dieu n’a aucune part si pas à l’homme seul d’assumer les conséquences de ses actes. Autrement, si cela venait de Dieu, la CPI et autres organisations de répression n’existerait pas. Mais parce que souvent on n’est à court de ce qu’on a instruit soi-même, on fait recours à la violence et on parle alors de dictateur, et la liste est longue. A suivre….
Chaque réponse apportée ici témoigne de la spiritualité qui l’anime. Je comprends tout à fait les questions que Lionel posent dans son article. Les trois religions monothéistes ont participé à façonner l’histoire du monde sans que tous les peuples aient donné leur avis, sous prétexte d’apporter le bien soi-disant. Vu sous cet angle, la religion devient ce qu’elle est aujourd’hui, un instrument politique.
La religion en tant que foi est d’ordre personnelle et ne revient qu’à celui qui pratique
La religion en tant que groupe est politique et devient un système de gestion sociale.
Dans toute société laïque, la religion ne devrait en aucun cas servir à diriger, mais ce n’est là qu’une douce utopie quand on constate le lobbying exercée par les trois grandes religions pour régenter la morale du monde