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Les asexuels

publié le 9 février 2008
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Les asexuels

Dans une société où les représentations sexuelles sont omniprésentes, il peut paraître incongru de revendiquer une libido faible ou nulle. C’est pourtant le sens même du mouvement asexuel (les A-militants), revendiquer une identité où la sexualité est absente.

C’est quoi un asexuel ?

Nous avons tous des libidos plus ou moins intenses. Etre asexuel c’est ne pas ressentir d’attirance sexuelle pour les autres. Il y a des asexuels célibataires, d’autres mariés, des asexuels hétéros, homo ou bi… mais tous sont indifférents aux gros calins.

Asexualité, le débat scientifique

La norme sociale voudrait que sexualité développée = bonheur. Elle considère donc l’asexualité comme contre nature et malheureuse. La science est (heureusement) plus nuancée et partagée. La question centrale : l’asexualité, identité innée ou résultat d’un parcours personnel ?


Des études récentes ont tenté de montrer que chez les animaux, une part plus ou moins importante des individus n’avait aucun attrait pour la chose sexuelle. Ces études tendraient à justifier indirectement la revendication identitaire des asexuels : c’est ma nature.

D’autres scientifiques, notamment psychologues mettent en avant le rôle environnemental. D’une part, la société saturée de sexualité qui agirait comme un désensibilisant. D’autre part, le parcours affectif personnel serait un facteur déterminant. On retrouverait chez les asexuels des solitaires (souffrant de carences affectives) et des cérébraux/fusionnels, qui aiment fraternellement.

Le débat est donc loin d’être tranché.

Naissance d’un mouvement asexuel constitué

C’est contre la pression des idées reçue qu’un mouvement asexuel s’est constitué en 2002 aux Etats-Unis : AVEN, pour (Asexual Visibility and Education Network). Les asexuels assument leur absence de désir, et affirment que c’est leur nature et que cela les rends heureux. On parle même de coming-out asexuel.

La constitution d’un mouvement organisé et surtout la curiosité qu’il suscite est en soi un fait intéressant. Raillés par certains, bien accueillis par d’autres, les asexuels ne laissent pas indifférents.

Ce mouvement met en effet le doigt sur une norme sociale trop totalitaire pour être moderne : l’universalité du désir sexuel.

Pour beaucoup, la brèche creusée par la revendication asexuelle est une petite revanche. Elle permet de libérer la parole sur sa sexualité. On n’est pas obligé d’être un buffle ou une chienne pour être heureux. C’est aussi une modeste réponse à l’idéal publicitaire omniprésent qui met du sexe dans tout.

> Pour approfondir sur le sujet des asexuels

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