Le diagnostic médical génétique
Depuis 2007, une nouvelle application de la génétique est en train de prendre forme. Plusieurs sociétés américaines offrent désormais la possibilité à chacun de nous, de connaître le contenu de son génome.
Connaître mon génome, pourquoi ?
On connaissait déjà les tests de paternité. Les tests génétiques que proposent les sociétés DeCode Genetics, Navigenics ou 23andme est à visée plus « médicale ».
L’idée est d’étudier vos caractères génétiques pour connaître vos prédispositions à développer certaines maladies.
La promesse de ces sociétés est d’améliorer la santé par la connaissance de votre capital génétique. Tout d’abord, on peut imaginer en effet que connaître ces prédispositions génétiques permettrai une bien meilleure prévention et détection des maladies.
Ensuite, on peut imaginer des traitements individualisés pour chacun, en fonction de ce que l’on sait de son programme génétique.
Enfin, à l’instar de ce que proposent Google et Microsoft avec l’informatisation du dossier médical personnel ; la mise à disposition d’informations médicales ciblées sur vos pathologies et prédispositions. Il est d’ailleurs intéressant de noter que la société 23andme est dirigée par la femme d’un des fondateurs-dirigeant de Google ; et que Google à investi dans cette start-up.
Ces services de diagnostic génétique ne sont pas réservés aux milliardaires. Ces sociétés proposent leurs services pour un millier de dollars environ, moins de 700€. C’est en fait un échantillon dit « représentatif » de votre génome qui et séquencé. Séquencer le génome complet d’une personne couterait beaucoup plus cher et serait économiquement invivable.
Deux problèmes majeurs
Le premier problème est un doute scientifique. La plupart des généticiens interrogés sur ces services, pensent que les connaissances actuelles sont insuffisantes pour tirer des conclusions médicales de tests génétiques. Tout au plus, ils seraient aussi efficaces que l’analyse des antécédents familiaux.
Les connaissances actuelles ne permettent pas de déterminer la participation d’un gène identifié à une maladie, en écartant les causes environnementales.
Ces chercheurs pensent tout simplement qu’il est trop tôt pour que le diagnostic génétique soit pratiqué. Certains entendent dans ces réticences la voix de la raison, d’autre une résistance au changement.
Le second problème posé par ces tests génétiques est d’ordre éthique.
Certains croient déjà reconnaître les scénarios de « Bienvenue à Gattacca » ou « le meilleur des mondes ».
Il s’agit de l’éternel dilemme entre sécurité et liberté. On propose à des sociétés privées de nous connaître mieux, en échange d’une sécurité médicale accrue. Où cela nous amènera-t-il demain ?
Qu’elles conséquences sur la psychologie et l’identité, l’égalité des chances, le recrutement, le mariage, la sécurité publique ?


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